COMMENT PARLER AUX GRAPHISTES

ou comment rire un peu de notre quotidien…

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Des êtres venus d’un monde mystérieux
Venu il y a très longtemps du monde mystérieux de la presse et de l’imprimerie (c’est à dire le monde des écrans en papier), le graphiste est passé de la table de montage, du scotche et du cutter au monde numérique. D’une patte habile, à l’aide de sa tablette graphique ou de sa souris, il connaît par cœur tous les raccourcis clavier de Photoshop, Illustrator ou Indesign (il lui arrive même d’en rêver la nuit…) et est capable en un tour de main de faire quinze propositions graphiques pour la couverture de votre future nouvelle brochure.


Mode de fonctionnement…

Fonctionnant principalement au café, le graphiste est doté d’un cerveau dit créatif hors du commun. C’est à dire qu’il est capable de pondre des idées à la chaîne comme le lapin largue en courant dans les prés des chapelets de crottes noires odorantes. Il (ou elle…) métamorphosera en oeuvre d’art numérique n’importe quel brouillon griffonné par le Client sur le coin d’une table, et ceci dans le seul et unique but inavoué de se faire pâmer le même Client dans des « Oooooh » et des « Aaaaaah » d’admiration non feinte. Oui mais voilà, si le graphiste est capable de rendre sexy le dernier des catalogues de brosses à récurer, il est peut être aussi le pire emm… de la terre.

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3 choses qu’il faut savoir sur les graphistes

  1. Le graphiste n’aime pas qu’on discute de son art. Formé le plus souvent dans une école d’art, le graphiste est persuadé qu’il est une sorte d’artiste incompris, descendu de son olympe pour offrir son savoir-faire magique à des ignorants, uniquement pour des basses raisons matérielles (comme payer un loyer, acheter à manger ou terminer les échéances de son Mac Pro, acheté avec enthousiasme le mois dernier, malgré un découvert permanent de 3000 € ). Autrement dit, vous pourrez toujours essayer de critiquer son travail de manière constructive, dans le fond de son âme, il pensera toujours que vous avez des goûts de chiotte et qu’il veut bien supporter toutes vos remarques idiotes uniquement pour des raisons bassement matérielles.
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  3. Le graphiste ne comprend rien au business. Idéaliste, obsédé par la beauté, amoureux des arts, le graphiste hait le monde qui l’entoure. Il déteste avant tout le capitalisme et surtout tout ceux qui œuvrent à sa gloire (et notamment les marketeux auquel il est pourtant obligé d’obéir). S’il le pouvait, il rêverait de s’installer dans une vieille ferme loin de tout pour peindre des tournesols en buvant de l’absinthe et vivre des subsides généreux de mécènes désintéressés et visionnaires, sans devoir jamais, Ô grand jamais, prendre en considération le coeur de la cible du client. Autrement dit, VOUS voulez atteindre des objectifs, le graphiste, lui, veut atteindre au sublime, ce qui, en général, n’a rien à voir.
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  5. Le graphiste est un fainéant. C’est bien connu, ne fixez pas une réunion de débrief à un graphiste avant 11h du matin, vous risqueriez tout simplement de ne pas le voir. Le graphiste, par nature, étant un artiste, c’est donc aussi un fainéant (artiste = rêveur = fainéant, théorème de Rockefeller) qui se lève tard pour travailler longtemps, mais pas trop quand même (à l’inverse du boucher, du patron de café et de tous les petits artisans avec un vrai métier, qui eux, c’est bien connu, sont l’âme de la France et la sauveront de la dégénérescence de notre société dans laquelle les jeunes ne veulent plus travailler). Autrement dit, un conseil, fixez toujours vos réunions de débrief avec un graphiste en fin de journée qui est le moment idéal pour discuter avec lui, car il est alors en pause et croira que vous voulez blaguer avec lui, alors qu’en douce, vous en profiterez pour lui donner vos instructions.

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6 conseils pour bien parler aux graphistes

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  1. Dites lui toujours que ce qu’il fait est fantastique, génial, magnifique, trop marrant ou top décalé. Même si vous n’en pensez pas un mot, c’est le meilleur moyen de commencer une conversation qui risque par la suite de devenir pénible.
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  3. Dites-vous que si ce qu’il a fait n’a rien à voir avec votre brief, c’est parce que vous lui avez mal expliqué. Ne dites jamais « Mais !!!?? Ce n’est pas le brief ! », dites « Génial, j’adore, quelle imagination ! », puis embrayez sur des « Par contre, je me demande les boutons, là, en forme de… euh de… En forme de corolle, dira le graphiste. Oui, comment dire, j’aime bien, mais je ne suis pas sûr de bien comprendre le sens de cette métaphore. On enlève les corolles, alors ? Oui, euh, je préfère, pourquoi on ne ferait pas des boutons… comment dire… en forme de boutons. – Bon d’accord… » Là, vous aurez marqué un point, bien que vous soyez descendu d’un cran dans l’estime du graphiste.
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  5. Formez-vous au langage du graphiste: Ne dites pas « vert », dites « anis » ou « menthe » Dites « bevelliser » pour dire de mettre en relief un bouton. Ne dites pas « tablette électronique » mais « palette graphique » Ne dites pas « la forme des caractères », dites une « fonte » Etc… (pour plus d’infos, voir la notice de Photoshop)
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  7. Restez toujours calme. Tout comme l’imprimeur, le graphiste n’aime pas qu’on lui tape dessus. Un mot de travers et il ira sûrement se prostrer dans un coin en pleurant et en déprimant le rendant totalement inopérant pendant plusieurs heures.
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  9. Cultivez-vous et faites le savoir. Si vous ne l’avez jamais fait, lisez Télérama ou les Inrocks, ou Technickart. Au début, ça vous fera « bizarre », mais avec le temps, vous vous habituerez et vous serez à même de parler bientôt de Keith Harring ou même du dernier Arcade Fire aussi naturellement que si vous aviez passé trois ans aux beaux-arts.
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  11. Sérieusement, arrêtez de croire que le graphisme ou le design sont des arts purement subjectifs. Non, une charte colorée n’est pas juste le fruit du hasard. Oui, une typo a un impact sur la perception de votre document. Oui, il existe des codes formels selon la typologie des clients et des produits. On ne « parle » pas à un bricoleux du dimanche venu acheter une perçeuse sur votre catalogue comme à une fashion victim à la recherche d’un sac Longchamp.
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Le graphiste est donc un élément de réussite indispensable de votre projet

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Vous pouvez faire l’impasse sur le design et croire que du moment que c’est joli, ça plaira aux utilisateurs. Détrompez-vous. Le design est une fonction qui permet de véhiculer les messages de votre business : positionnement, qualité de service, cible visée, rassurance. Il serait donc dommage de s’adresser à un graphiste uniquement comme à un peintre décorateur. Celui-ci est, en principe, capable d’apporter une véritable valeur ajoutée à votre projet en ce sens que c’est lui qui créera votre image (sauf charte graphique existante) et permettra de vous différencier de vos concurrents.

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Christine Sainte-Laudy